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Bilan AFT: tout le monde a progressé en 2011 01/12/2011

Tout est fonction du prisme à travers lequel on examine les faits. On a même pu qualifier 2011 d'annus horribilis pour le tennis belge en prenant en compte les espoirs de début d'année. Justine a définitivement décroché. Kim, après avoir tout de même gagné l'Open d'Australie (on n'est pas blasé au point de trouver ça normal), a enchaîné les blessures plutôt que les matches. Ann-Sophie Mestach, numéro un mondiale juniore, n'a plus joué depuis fin mai en raison d'une très ennuyeuse douleur au poignet. Kirsten Flipkens a replongé dans son cauchemar physique et dans les profondeurs du classement. Yanina Wickmayer n'a plus rien réussi depuis le mois d'août, martyrisée par un problème au dos qui l'a obligée à écourter sa saison, par prudence et sagesse. Avec Xavier Malisse, elle n'est toujours pas rassurée non plus quant à l'issue de l'affaire des whereabouts, loin s'en faut même puisque le journal français L'Equipe indiquait il y a peu que sur tous les cas enregistrés jusqu'ici deux seulement n'avaient pas débouché sur des sanctions...

Nous préférons évidemment la bouteille à moitié pleine à celle à moitié vide, en constatant que la Belgique clôture avec trois joueurs dans le Top 100 ATP, deux joueuses dans le Top 30 WTA, un titre de Grand Chelem, et une demi-finale de Fed Cup, perdue seulement 3-2, face à la Tchèquie future lauréate, sans Kim ou Justine, ce qui pour un petit pays coupé en deux reste une performance plus qu'appréciable. Quant au bilan sportif d'ensemble de l'AFT, compte tenu du contexte, il nage dans le positif... sinon dans l'euphorie Dieu nous en préserve. A Mons et ailleurs, on a plutôt bien travaillé.
 
Rochus, Darcis, Goffin: 200 places gagnées
 
En tête de gondole, Olivier Rochus, Steve Darcis et David Goffin, s'ils ont terminé la saison fatigués, ont su profiter de cette année pour gagner, ensemble, environ 200 places au classement ATP. Il faut se rappeler qu'OLIVIER ROCHUS a commencé 119e en janvier et qu'il se retrouvait 68e à l'heure où nous écrivions ces lignes. "Il aurait encore pu se rapprocher du Top 50 avec un peu plus de constance", relève le directeur technique fédéral Jacques Leriche.

STEVE DARCIS, c'est mieux encore, et sans doute la plus performante satisfaction du moment. Remarquable deuxième moitié de saison. A la mi-avril, il pointait 143e à l'ATP, sept mois plus tard on le retrouvait 87e, animé d'ambitions nouvelles, dans un environnement personnel et familial plus épanouissant et motivant, moins miné par ses sempiternels contretemps musculaires.

"Il faut comprendre ce garçon, je l'ai connu 400e mondial ne pouvant faire que du kayak sur le Grand Large pour entretenir un physique qui lâchait tout le temps", continue Jacques Leriche, "il n'est pas simple de respirer la confiance dans de telles conditions, on parle de quelqu'un capable de gagner le tournoi d'Amersfoort ou celui de Memphis. Après tout ce qui lui est arrivé, il a besoin de stabilité, on lui soigne encore quelques bobos de temps en temps, mais il est conscient qu'il peut remonter, il a envie de s'améliorer et d'aller aux Jeux olympiques. Il devrait pouvoir atteindre le top 50 et devenir le nouveau leader de l’équipe de Coupe Davis qui lui tient tellement à cœur."

Les modifications au niveau du coaching de l'AFT, accélérées par les désagréables discussions qui ont marqué le match Belgique-Espagne, ont en tout cas porté leurs fruits. "On travaille vraiment en équipe, on tire tous à la même corde", se félicite notre interlocuteur, "Thierry Van Cleemput a apporté un souffle nouveau à Steve, et Réginald Willems son expérience, son bagage, à David Goffin, mais rien n'est figé. L'objectif est de tirer tout le monde vers le haut, y compris les plus jeunes qui ont la chance de côtoyer de temps en temps à l'entraînement ceux qui sont déjà à l'étage au dessus."

     DAVID GOFFIN, parlons-en donc. A 20 ans, c'est l'exemple à suivre pour ceux qui aspirent à faire carrière dans la filière fédérale. Sa plus belle performance n'est peut-être pas tennistique cette année. Déjà, il s'est bien remis d'une très gênante blessure aux abdominaux qui lui a fait perdre une demi-saison. Mais, surtout, lui auquel on reprochait de temps en temps sa tendance à baisser les bras a montré lors d'un Ethias Trophy qu'il n'oubliera jamais qu'il savait faire son profit des errances du passé (deux éliminations de justesse au 3e tour des qualifications en Grand Chelem) et des avis autorisés qui lui sont dispensés. "Il est même devenu le roi du tie break décisif en fin de saison", sourit Jacques Leriche. Fin septembre, David était encore 276e mondial, en deux mois il a gagné 100 places, et, son beau parcours de Chennai mis à part, il n'aura aucun point à défendre dans la première partie de 2012. Si tout se passe bien l'objectif du Top 150 qui lui est assigné ne devrait pas poser problème, et aborder le tableau final d'un Grand Chelem constitue un des prochains caps intéressants à passer.
 

En 2012, Cagnina Top 5 junior, De Greef sans Christophe Rochus

Un cran plus bas, GERMAIN GIGOUNON et YANNICK REUTER ont étonné à leur niveau. Mais que dire alors de MAXIME AUTHOM à déjà 24 ans, qui n'émarge plus au centre fédéral mais dont le staff continue de suivre attentivement les résultats (de la 815e à la 233e place mondiale en dix mois, rappelons-le!)? Gigounon et Reuter ont tous deux gagné deux tournois Futures cette année, le premier est passé de la 773e à la 456e place à l'ATP, le second de la 830e à la 476e. "Germain a relevé le challenge de repartir de zéro en 2010. Il est très proche de son objectif, et l'AFT continue à investir modérément dans la carrière d'un garçon qui devrait rejoindre son équipe d’entraîneurs dans les prochaines années", explique Jacques Leriche. "On attend confirmation des progrès en 2012, ce qui vaut bien sûr autant pour Yannick qui a également connu son lot de blessures et aurait pu encore mieux faire s'il y avait plus cru."   

On en arrive aux "surdoués", ceux dont on attend tellement dans le futur, peut-être même trop. ARTHUR DE GREEF a bouclé l'année comme prévu avec Christophe Rochus, qui s'était engagé à le suivre durant quinze semaines. Il s'agissait d'une demande et d'une envie réciproques, qui n'aura pas de suite. On parlera d'un divorce par consentement mutuel, et du fait que la relation, le travail, la mentalité, l'écoute se sont révélés plus difficiles à appréhender que le néo-retraité du circuit l'avait prévu. "Surtout que Christophe veut encore jouer un peu au tennis, dispute les interclubs dans les pays limitrophes, prend du temps pour lui et sa famille, joue au golf et part en vacances dans sa maison en Espagne, ce que je peux comprendre. Son idée de départ était qu'avec Arthur "on ne peut pas ne pas réussir", mais entraîner des jeunes, surtout au potentiel énorme et plus vite tentés de n'en faire qu'à leur tête, n'est pas si simple", constate Jacques Leriche.

"Ils se séparent, mais la saison n'est pas un échec. Pour une première année séniore, c'est bien, même si le bilan aurait pu être meilleur sans les erreurs de jeunesse de l'apprenti professionnel qu'il est. Il s'agit d'une année qualifiée de transition, où l'ancien junior doit faire sa maladie, il y en a qui la passent sans atteindre leurs objectifs, ce n'est pas le cas de De Greef, 553e mondial alors qu'il était 930e en début d'année et qu'on lui avait demandé une présence dans le Top 700. En terme d'encadrement, il rentrera donc dans la collectivité, intégrant le team pro au même régime que les autres."

  
Autre dossier particulier archi-connu, celui de JULIEN CAGNINA dont on a l'impression qu'il est là depuis toujours et qui, pourtant, est seulement en pleine croissance physique. "On oublie qu'il lui reste une année juniore et qu'au début de 2012, classement nettoyé, il pointera dans le Top 5 mondial de cette catégorie", résume Jacques Leriche. "Julien a atteint les demi-finale dans plusieurs tournois grades 1 et les quarts de finale aux championnats d’Europe comme à Wimbledon. Dommage qu'il ait été blessé et malade après l'US Open, cela a perturbé sa préparation pour les prestigieux tournois floridiens, le Eddie Herr et l'Orange Bowl dont il fut finaliste en double en 2010. L'an prochain, il se concentrera sur les Grands Chelems, il n'est pas mal parti, mais il est toujours occupé à grandir, il doit s'étoffer, il faut laisser le temps au temps."

Les trois mousquetaires
 
Le directeur technique fédéral ne manque pas de saluer, au passage, l'apport de la Communauté française avec ses contrats sportifs de haut niveau, ses aides à la reconversion et à la performance. Il n'est pas loin non plus d'accorder une mention d'exception à ses trois mousquetaires de quinze printemps pour leur première année en "moins de 18 ans". "Excellente saison!", s'exclame-t-il. "Ils figurent tous entre le Top 20 et le Top 40 mondial de leur âge. CLEMENT GEENS, demi-finaliste de l'Orange Bowl en "moins de 14 ans", a réalisé la campagne la plus régulière, et a déjà atteint la 320e place du classement ITF, ce qui est d'autant plus remarquable que tous ces garçons vont parallèlement à l'école, au contraire de certains concurrents étrangers. OMAR SALMAN, sacré champion de Belgique, et SIMON STEVENS, qui a pris confiance et gagné le Davis, ont tout autant rempli leurs objectifs. Ce qui plaît, en outre, c'est la belle mentalité, la concurrence saine, la relation quasi familiale hors terrain orchestrée par Bertrand Tinck. Bref, on est très content, pourvu que ça dure (sourire)".


Clément Geens
  
Simon Stevens
  
Omar Salman

Restent les filles, principales cibles de recrutement dans les nouveaux plans de détection ou de formation mis en place vu le manque d'éléments féminins remarqués sur les courts. "Eh bien, moi, j'y crois!", lance encore Jacques Leriche. Il pense au talent de DEBORAH KERFS, bien sûr, tout en répétant qu'elle doit "se libérer, soigner l'ensemble de sa performance, être parfois plus ambitieuse". "Elle a très bien évolué cette année, elle est classée ITF 92 et aura comme objectif principal de figurer dans le tableau final juniore des tournois du Grand Chelem l’an prochain", continue-t-il. "Si elle parvient à se battre davantage en toutes circonstances et à saisir les occasions, elle peut vraiment nous réserver d’agréables surprises." Il ne néglige pas pour autant la copine et rivale de l'Arlonaise, MARIE BENOIT, "une très bonne joueuse de double, avec des qualités de gauchère, en évolution constante au niveau du jeu et de la mentalité, en plus d'être une fille charmante qui s'investit à fond dans ce qu'elle fait."


Déborah Kerfs
  
Kimberley Zimmermann
  
Marie Benoît

On le sent aussi ravi d'avoir pu accueillir KIMBERLEY ZIMMERMANN fin avril en provenance de club de Justine Henin. Son arme secrète? "Elle a réalisé d’excellentes prestations contre des adversaires haut classées et devrait pleinement exploser en 2012, on sent qu'elle a envie, elle a de la taille et de la puissance, de gros atouts dans le tennis féminin moderne. Elle doit prendre plus le jeu à son compte. Même si son père, Michel, a été finaliste du 400 haies aux J.O. de Los Angeles, courir n'est pas l'objectif premier en tennis, faire courir c'est mieux", s'amuse-t-il. "L'objectif pour ces trois mousquetaires d'un autre sexe (sourire) est de finir 2013 dans le Top 30 mondial juniore, on y consacre des moyens financiers de même que deux entraîneurs spécifiques, Henri Jacquemin et Jean Adant, avec un programme ambitieux en cette fin d’année, Mexique, Eddie Herr, Orange Bowl, quatre tournois en Amérique centrale et du Sud fin décembre début janvier. C'est un challenge qui me tient à coeur et que je suis personnellement de très près."

Quant aux plus jeunes, "et nous avons accueilli trois nouveaux au 1e septembre, Sophie Gerits, Maxime Lapraille, Charles Tzicas, issus de la formation AFT et tous nés en 1999, le plan de formation est en place, il ne sert à rien de s'étendre sur le sujet pour l'instant", conclut le patron du Centre montois.


Sophie Gerits
  
Maxime Lapraille
  
Charles Tzicas


 



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