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Maxime Braeckman voyage autour du monde avec Xavier Malisse 03/01/2012
On sait à quel point Xavier Malisse a éprouvé des difficultés à trouver et garder des coaches au fil d'une carrière mouvementée. Depuis 2009, il a trouvé en quelque sorte chaussure à son pied avec le (très) sympathique Gantois Maxime Braeckman... pourtant de cinq ans son cadet. L'histoire d'une collaboration rare mais qui porte ses fruits, puisque XMan est passé de la 280e à la 49e place mondiale. Dommage que l'insaisissable Courtraisien, à la fois détruit et rendu plus mûr par le décès de sa maman, ne se soit pas trouvé aussi bien dans ses tennis plus tôt dans sa carrière. Cela n'empêche pas les deux hommes de profiter des moments présents et de la saison qui commence.
 
Q. Maxime, vous connaissiez déjà Xavier avant qu'il ne vous propose de l'accompagner sur le circuit?
 
R. Pas du tout, sauf de nom bien sûr. Notre rencontre date d'il y a cinq ans. Il cherchait un sparring partner en Belgique, il a interrogé quelqu'un de sa famille qui est à la VTV, et cette personne a cité mon nom. Si bien que j'ai reçu un jour un texto me demandant si on pouvait s'entraîner ensemble, signé "A bientôt, Xavier Malisse". J'ai cru à une blague. On s'est d'abord retrouvés dix à quinze fois par an, il m'envoyait un message genre "T'as envie de t'entraîner?" Puis, il s'est blessé au poignet, il est resté neuf mois sans jouer, et ensuite il n'arrivait plus à gagner des matches même dans les tournois Challengers. Il a voulu revenir à son coach anglais David Felgate, mais rien n'y a fait, il ne jouait ni ne se sentait bien, il n'était plus où il aurait dû être.

C'est au moment du tournoi du Queens, en juin 2009, qu'il m'a demandé de le suivre sur le circuit. A l'approche de la trentaine, il disait ne plus ressentir le besoin d'un coach en tant que tel. Il faut dire que, dans le passé, il en a rarement tiré profit comme il l'aurait fallu. Je dois dire que les deux ou trois premiers tournois n'ont toujours pas été top, mais on eu un peu de chance, il a gagné un Challenger important à Orléans, et l'essentiel, c'est-à-dire la confiance, est revenu. Il est rentré dans le Top 100 en six mois. Depuis, on ne se quitte plus (sourire).
 
Q. Sa réputation d'énervé bougre sur le terrain, de briseur de raquette, ne vous a pas effrayé? Et à l'entraînement, vous arrivez à le suivre?
 
R. J'ai été Série A. Et si je ne le suis plus c'est parce que je ne pratique plus, en compétition du moins. Alors, à l'entraînement, j'arrive à suivre, oui, mais quand on joue des points, une fois qu'il accélère, ça va trop vite. Au début, je ne savais pas trop. Comme tout le monde, j'avais en tête l'image publique de Xavier, avec ce côté arrogant, difficile, malpoli, alors que j'ai découvert un mec super-gentil, qui ne se met jamais en avant, qui fait attention aux autres, qui vous propose toujours le dernier morceau de tarte (sourire).

Cela fait deux ans et demi que l'on est ensemble, et il dit que c'est la première fois de sa carrière qu'il s'amuse vraiment. Avec des gens un peu plus âgés, les relations étaient plus difficiles, plus sérieuses. Là, nous sommes jeunes tous les deux, et c'est cool, sur ou en dehors du terrain. Il m'a dit, j'ai besoin de quelqu'un qui règle les hôtels, les déplacements, les entraînements, avec lequel je peux m'échauffer, après tu appelles ça comme tu en as envie, coach si tu veux (sourire). Il est vraiment ainsi, très respectueux.

J'ai de la chance, j'ai trouvé en même temps un ami, un job et une passion, je parcours le monde, je vis ce que j'aurais voulu vivre pour moi-même, j'adore, et je suis payé pour ça, alors que jusque là je donnais des cours de tennis à Waregem ou à Diest, tout en jouant des interclubs. Je sais que Xa a 31 ans, et que, donc, cela ne durera plus très longtemps, mais je sais aussi qu'au bout du compte j'aurai appris beaucoup de choses dont je pourrai ensuite faire profiter des jeunes. Comment? Je n'en ai pas encore la moindre idée.
 
Q. Vous avez l'impression d'apporter également à Xavier un petit quelque chose sur le plan tennistique?
 
R. Je n'ai jamais eu cette prétention, depuis le temps qu'il roule sa bosse sur le circuit il en sait évidemment plus que moi, mais je le regarde de l'extérieur, et on discute, on échange. Il fait toujours comme il le sent, mais je me souviens de lui avoir demandé pourquoi il utilisait aussi systématiquement le revers croisé, comme il l'a perfectionné chez Bolletieri, hyper bon, mais auquel tout le monde s'attend. Du coup, on a travaillé aussi le revers long de ligne à l'entraînement, il l'a essayé quelques fois en match, et il a gagné un Challenger...

Voilà, c'est peu de choses, mais c'est comme ça que l'on fonctionne. Cet hiver, je lui ai conseillé un entraîneur physique belge qui s'est occupé uniquement de lui, y compris en Amérique, et cela s'est très bien passé. Je pensais, comme tout le monde encore une fois, que Xavier n'était pas le gars qui s'entraînait beaucoup, ni très sérieusement. Et là aussi, je trouve que ce n'est pas vrai. En Floride, il vient de s'envoyer deux séances de physique et trois sessions de tennis par jour durant trois semaines, pour pouvoir aborder, je l'espère, au top de ses moyens actuels un périple de trois mois et demi nous menant d'Inde (Chennaï) en Australie (Sydney et l'Australian Open), puis en Amérique. Son dernier match, contre Djokovic, même perdu (7-5 au 3e set), lui a laissé beaucoup de bonnes sensations.
 
Q. En revanche, la Coupe Davis c'est fini...
 
R. Il faut être honnête, ces deux dernières années, que ce soit contre l'Ukraine, la Tchèquie, l'Espagne ou l'Autriche, il n'a pas été bon. Et moi qui vis ça de l'intérieur, je peux vous dire qu'il en est vraiment malade, ce n'est ni une blague, ni une excuse à dix centimes. Quand il joue pour la Belgique, il se met une pression pas possible, il se stresse tellement il veut bien faire, rien à voir avec le Malisse qui joue un tournoi de l'autre côté de la terre. Il entend bien que les gens demandent s'il faut encore l'aligner, alors qu'il est le numéro un belge au classement, et il se dit: "Je suis celui qui doit toujours être sur le terrain, sur lequel on compte, et je n'arrive pas à me sentir bien dans ma peau, à jouer mon jeu, relâché, alors autant laisser la place, par respect pour les autres joueurs. De toute façon, dans un an ou deux, c'en sera sans doute fini pour Oli (Rochus) et moi, des gars qui méritent leur chance comme David Goffin et Ruben Bemelmans arrivent, on a bien vu ce qui s'est passé en Australie en 2010, c'est une bonne idée d'arrêter maintenant." Sincèrement, je le comprends, il faut vraiment prendre sa décision dans un sens positif.
 
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