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On en a trop peu parlé dans les médias: si un joueur belge a progressé au classement ATP en 2011, c'est bien Maxime Authom. Son parcours chiffré est même un des plus spectaculaires de l'année sur le plan international. Il y a 14 mois, le Louvièrois ne figurait même pas dans le Top 1000 mondial, alors qu'il vient de boucler la saison à la 225e place. Bien sûr, tout est relatif, pour l'essentiel il ne s'agissait encore que de tournois Futures (trois victoires, deux finales), et la performance de l'Allemand Stebe passé en un an de la 375e position à la 81e est d'un autre calibre encore. Mais l'inattendue résurrection de Maxime n'en est pas moins une excellente nouvelle pour le tennis belge "qui est loin d'être mort" assure son coach à l'académie ITP d'Arnaud Fontaine, Pim Van Mele, un Anversois qui habite Keerbergen. |
Même si, donc, Maxime ne fait plus partie de l'AFT, le moins que l'on puisse écrire est que la nouvelle a fait plaisir à tout le monde au Centre fédéral montois que le garçon a fréquenté durant plusieurs années et où il a fait toutes ses classes tennistiques. Lorsqu'en fin de compte les portes claquèrent, Réginald Willems estima que, compte tenu des qualités du joueur, il s'agissait "du plus gros échec de la structure francophone". "Et j'ose dire que le fait de le retrouver aujourd'hui à cette place au classement ne tient en rien du miracle", ajoute Thierry Van Cleemput, "il n'est qu'à sa place, pour le moins, compte tenu de son potentiel." Maxime lui-même sait qu'il a fait des bêtises, voire même qu'il a parfois pèté les plombs, lors de sa "première carrière": "Ce qui est arrivé est entièrement de ma faute, rien à dire sur eux (NDLR: le staff montois), ils étaient convaincus que j'avais les moyens d'y arriver, il n'y a que moi qui n'y croyais pas, maintenant je le pense moi aussi de plus en plus."
Aux qualifs de l'Australian Open
Certains ont besoin de plus de temps que d'autres, et le tennis masculin est moins que jamais l'apanage des "p'tits jeunes", mais le fait est que Maxime a perdu du temps... s'il n'est pas trop tard, 24 ans c'est encore le bel âge. La question que tout le monde se pose c'est: comment, largué dans la nature, a-t-il survécu dans un monde aussi coûteux que le tennis à ce niveau? "J'ai connu ce que j'appellerais un petit "burn out", en plus d'une blessure au poignet qui m'a tenu éloigné des courts durant dix mois, j'ai perdu tous mes points, et mon père m'a aidé durant un temps", explique-t-il. "Arnaud Fontaine m'a vu à l'oeuvre dans un match d'interclubs, et il m'a invité dans sa structure, il a cru en moi, je n'étais plus obligé de m'entraîner seul, j'ai retrouvé une bonne base physique, c'était donc il y a juste 14 mois, mais, franchement, je ne m'attendais pas alors à réaliser une année comme celle-ci."
Encore une fois, comment financer une saison pareille? "Ben, c'est moi qui paie tout. Je joue des interclubs en Bretagne et en Belgique (à Tournai, au Vautour), cela m'a même obligé à raccourcir ma période de préparation hivernale, mais il faut des sous, je n'ai pas trop eu besoin d'appeler au secours mais je n'en mets pas beaucoup de côté. J'apprécie l'aide de la Maison des sports de La Louvière, et le sponsoring de Sisaco, l'entreprise de tabac à chiquer de mon tonton, bien sûr cela ne permet pas de rouler sur l'or." Pourtant, cela ne l'empêche pas, en ce début d'année, de tenter l'aventure à l'autre bout du monde, sur le grand circuit, avant de revenir aux tournois Challengers. "Il s'agit d'une sorte de récompense que je m'offre pour tout le travail accompli en 2011", sourit-il, "et ce sera en même temps un test pour me situer, je ne sais pas si je suis déjà prêt pour ça. D'abord les qualifs de Doha, puis celles de Melbourne. Cette année, je ne peux emmener ma compagne Farah avec moi, mais ce n'est que partie remise... j'espère avoir un peu plus de moyens à l'avenir. (sourire)"
C'est dans la tête
Cette ambition et volonté nouvelles ont particulièrement réjoui Jacques Leriche, sans qu'il soit pour autant question d'un retour éventuel dans le giron de l'AFT ("il faut le laisser là où il est bien, dans une structure qui lui convient"), ce qui n'a pas empêché le directeur technique fédéral de se démener dans l'ombre pour apporter un soutien utile à son ancien "élève". Du coup, Maxime ne pense plus à ranger la raquette. "Pas avant 26 ans, de toute façon je n'ai aucune idée de ce que je pourrais faire d'autre, coacher peut-être, mais pas donner des cours, cela ne m'intéresse pas du tout." Durant deux ans, il va donc tenter de poursuivre sa percée. "L'appétit vient en mangeant, quand on gagne plus de matches (39 victoires, 15 défaites en 2011) on a aussi envie de plus. Mon objectif? Terminer l'année entre la 100e et la 150e mondiale, on verra si c'est réaliste ou non."
Où le Louvièrois au coup droit dévastateur doit-il encore s'améliorer, à la volée, au service? "Un peu partout, ce n'est jamais assez bon à mon goût même si le niveau de jeu rencontré jusqu'ici ne m'impressionne pas vraiment. En même temps, je sais que c'est toujours et d'abord la tête qu'il faut soigner chez moi (sourire), je dois être plus constant, plus combatif quand ça ne va pas." Son coach Pim Van Mele, qui a accompagné un moment Xavier Malisse, embraie au quart de tour: "Son potentiel? Il est très haut, il a toutes les armes d'un très bon joueur, s'il arrive à gérer, à accepter la réussite ou les bons coups des autres, et le fait qu'il ne peut être toujours à son meilleur niveau."
On reste sur l'impression du match remarquable, en trois sets accrochés, livré à l'Ethias Trophy contre Steve Darcis. Lui plutôt sur celui de Vienne deux semaines plus tard, perdu en deux sets contre le même Liégeois, malgré un très bon niveau de jeu au moins dans la première manche. "Il n'accepte pas de perdre un set quand il a très bien joué, comme il se frustre quand il rate quelques coups, alors qu'il y a plus à apprendre des défaites que des victoires", continue Van Mele, "mais tout le monde a son parcours à faire, Max a certainement grandi mentalement, il s'est un peu calmé, il est devenu un peu plus structuré, plus adulte, et au plus il va monter au classement au plus il risque de rencontrer des adversaires qu'il ne pourra pas battre même en jouant très bien, ce sera plus facile à avaler qu'en Futures. Je le crois parfaitement capable de confirmer en 2012, et même d'entrer dans le Top 100 l'année suivante."
"La Manga? C'était difficile"
On peut se demander pourquoi Maxime Authom n'a pas accompagné les autres joueurs belges en décembre à La Manga? Il y aurait trouvé des conditions et des partenaires d'entraînement performants. "Ce n'était pas évident sur deux plans. D'abord, les joueurs devaient payer eux-mêmes leur stage, et c'était trop cher pour moi actuellement. Ensuite, je suis dans une académie privée, vous savez ce que c'est, et mon coach ne pouvait pas en être pour différentes raisons. Mais, bien sûr, cela m'aurait intéressé, au plus on se côtoie au mieux c'est. Je trouve que David (Goffin) joue très bien, il m'a plus impressionné que certains mecs mieux cotés que j'ai affrontés, et Steve (Darcis) n'est pas Top 80 pour rien, j'estime les deux sous-classés pour l'instant par rapport à leur niveau de jeu de fin de saison."
Le rendez-vous manqué n'empêche pas Pim Van Mele de plaider en faveur d'un rapprochement, voire d'un rassemblement, des bons joueurs dans notre pays, et donc également des différentes structures en place: "Pour nous, La Manga c'était difficile, mais je suis favorable à une certaine centralisation des talents, à ce que lorsqu'ils sont en Belgique ils puissent s'entraîner ensemble, se confronter, je sais que tout le monde est d'accord sur le principe, mais il faut quelqu'un qui prenne l'initiative de régler ça, et on a déjà tous nos problèmes."
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